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  1. Au fil des kilomètres : Toutes mes aventures cyclistes/

Trail de Vulcain, Ultra Volcanique 2024

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Emilien Mottet
Auteur
Emilien Mottet
Je suis Emilien Mottet, un ultra-cycliste hyperactif avide d’aventures et de découvertes. Voyager sur de longues, voire très longues distances à vélo, est ma passion. Pour moi, chaque course est moins une compétition contre d’autres cyclistes qu’une quête personnelle de dépassement.
Sommaire

Ultra Volcanique 2024 : 77 kilomètres dans la chaîne des Puys
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Le vélo est ma discipline. Le trail, en général, c’est du plaisir : j’y vais pour le terrain et pour l’ambiance, sans regarder le chronomètre. L’Ultra Volcanique du Trail de Vulcain fait exception. Celle-là, je l’ai courue.

77 kilomètres, 2 811 mètres de dénivelé, huit heures et neuf minutes, et une météo qui a transformé la course en tout autre chose.

Volvic, avant l’aube
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Départ le 3 mars 2024 au petit matin, à Volvic. C’est le format long du Trail de Vulcain, et il traverse un terrain qui n’a pas d’équivalent en France : la chaîne des Puys et la faille de Limagne, inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2018. Quatre-vingts volcans alignés sur trente-cinq kilomètres, à un quart d’heure de Clermont-Ferrand.

Autant dire que je cours à la maison, et c’est un plaisir à part entière. Je m’entraîne sur ces sentiers toute l’année, je connais chaque bosse et chaque virage, et ils sont bien et beaux, ces volcans d’Auvergne. On peut avoir couru ailleurs, sur des terrains plus prestigieux ou plus hauts : il n’y a nulle part où les cônes s’alignent comme ça, à perte de vue, avec cette évidence tranquille.

Ce que je ne savais pas, c’est ce que le ciel avait prévu. Les conditions ont été dantesques du début à la fin : du vent de partout (pas une direction, toutes en même temps, comme seuls les plateaux d’Auvergne savent le faire), et la neige arrivée très vite sur les hauteurs. Un matin de mars sur la chaîne des Puys peut ressembler à un matin de plein hiver, et celui-là ne s’en est pas privé.

Lemptégy, Ceyssat, le puy de Dôme
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Le parcours enchaîne les points de passage qui font l’identité du massif. Le volcan de Lemptégy au 22e kilomètre, un cône égueulé exploité en carrière pendant cinquante ans, dont on parcourt aujourd’hui l’intérieur à ciel ouvert. Le col de Ceyssat au 42e, au pied du géant. Puis le puy de Dôme lui-même, point culminant de la course à 1 433 mètres sur ma montre, et ce jour-là, le point le plus exposé au vent et à la neige.

Retour par Lemptégy au 52e kilomètre, la station de Volvic au 65e, et les derniers sentiers jusqu’à l’arrivée.

Le volcan de Lemptégy, au 22e kilomètre
La carrière du puy de Lemptégy. Photo : Rémih, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Le sommet du puy de Dôme
L’esplanade sommitale du puy de Dôme. Photo : Espirat, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Je suis rentré quinzième.

Les barrières horaires de l’épreuve donnent une idée du format : quatre heures pour atteindre le 22e kilomètre, onze heures trois quarts pour le 65e. J’ai bouclé les 77 kilomètres en huit heures neuf. Sur un parcours où l’on vous accorde presque douze heures pour arriver au 65e, terminer l’ensemble en huit, par ce temps-là, c’est une autre course que celle prévue par le règlement.

Le givre
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Avec le froid, le vent et la neige, les sentiers de la chaîne des Puys s’étaient transformés par endroits en patinoire.

Quelque part sur le parcours, une plaque de givre m’a envoyé au sol. Une belle chute, le genre qui claque et qui laisse deux secondes de doute sur la suite de la journée. Je me suis relevé, j’ai vérifié que tout fonctionnait, et je suis reparti. Sur une journée pareille, tomber fait partie des termes du contrat ; ce qui compte, c’est ce qu’on fait dans les dix secondes qui suivent.

Les proches, dans la descente
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Et puis il y a eu eux.

Des proches m’attendaient sur le parcours, d’autres à l’arrivée. Les croiser en pleine descente du puy de Dôme, dans le vent et la neige, à un moment où la course commençait à coûter cher, c’était génial, il n’y a pas de mot plus juste. On dévale, on aperçoit des silhouettes connues au bord du sentier, on entend son prénom, et la descente devient soudain beaucoup plus courte.

Les retrouver à l’arrivée, après huit heures dans cette machine à laver, a fini la journée exactement comme il fallait. Courir à la maison a ce privilège-là : les gens qu’on aime peuvent venir voir.

À l’arrivée de l’Ultra Volcanique, pouces levés
L’arrivée, après 8 heures et 9 minutes. Photo : Trail de Vulcain.

Ça a pulsé fort
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Je me suis souvent demandé pourquoi cette course-là m’a mis en mode compétition alors que les autres trails me laissent tranquille. La réponse tient sans doute au terrain : sur un trail que je découvre, je regarde autour de moi ; ici, je connais chaque sentier, chaque replat, chaque pierre qui roule. Alors il ne reste que l’effort.

Et de l’effort, il y en a eu. Ce que je retiens de cette journée, au-delà du vent, de la neige et de la chute, c’est que ça a pulsé fort : 156 pulsations de moyenne pendant plus de huit heures, avec des pointes à 179, et 5 810 calories. Ce n’est pas une allure de promenade, et ce n’était pas une journée à promenade.

À ce jour, c’est ma plus belle course de trail, en termes de performance, de dépassement et de parcours. 77 kilomètres à la maison, entre des volcans classés au patrimoine mondial, dans des conditions d’hiver, avec des proches aux bons endroits. Il y a des dimanches de mars plus ordinaires.

Crédits photographiques
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Les photos d’arrivée proviennent de l’organisation du Trail de Vulcain. Les illustrations de la chaîne des Puys viennent de Wikimedia Commons et restent sous leur licence d’origine :